CONFERENCE

 

LE BOUDDHISME

 

Le contexte


 

L'époque


    Né en 623 avant-JC sous le nom de Shakyamouni, dit de la secte des Shakias (guerriers) dans une famille royale à Kapilavattu, frontière actuelle du Népal. C'est une famille d'érudits. Il est marié, a un enfant et reçoit une éducation de prince.

  C'est l'époque durant laquelle circulent les grandes idées philosophiques, voir les pré-socratiques. Il est influencé par le Samkya, du Yoga, des Védas et des Brahamanas qui sont les darçana. Ce mot signifie Vue, mais aussi système et expose à la fois le point de vue philosophique et les moyens à mettre en oeuvre pour délivrer l'homme de la souffrance.

    Plusieurs vues signifie qu'il y a plusieurs vérités.

    Le Samkya a été inventé par le sage Kapila au Ve siècle avant-JC. C'est le darçna athée le plus ancien. Le but de cette voie est de sortir l'homme de l'ignorance car elle est à l'origine de sa souffrance. Cette voie de salut est celle de la connaissance métaphysique qui devient sotériologie, c'est-à-dire science du salut. C'est la voie de la discrimination qui permet de dissocier l'Esprit, Purusha, de la Matière, Prakriti, car notre ignorance nous fait confondre l'Esprit avec l'expérience psycho-mentale. Il ne s'agit pas de joindre un absolu, mais de mettre fin à l'illusion.

    Le Yoga est, par contre, théiste et concerne toutes les techniques de contemplation.

    Le Samkya et le Yoga ont une préhistoire qui concerne l'analyse des éléments constitutifs de l'expérience humaine en vue de distinguer ceux qui, à la mort, quittent leurs corps et ceux qui sont immortels. Les origines du Samkya sont liées à la question de ce qui subsiste à la mort et qui constitue le véritable Soi, l'élément immortel de l'Etre humain.

    C'est notre ignorance du Soi Ultime qui nous fait créer le monde. C'est la nescience créatrice. Tu n'appartiens pas au Cosmos déchu tel que tu le vois maintenant. Notre souffrance vient du fait de notre identification à la nature manifeste. Cela crée la chute car nous nous identifions à l'illusion. En re-sacralisant nous sortons de l'ignorance et actualisons la connaissance de la réalité ultime.

La civilisation Akharienne (2500-1500 avant-JC)

   Située dans la vallée de l'indus, contient les bases du Shivaïsme.

    Le védisme (1500 à 500 avant-JC). Les Aryas envahissent le Nord de l'Inde, écrivent le sanskrit et viennent avec leurs textes sacrés - les Védas - savoirs qui sont des hymnes aux sacrifices et des rituels. Ils sont composés des Sruti qui parlent des révélations et des Smriti qui sont des transmissions des sages et qui concernent les voies de salut.

    A partir du Vème siècle avant-JC, le corpus des Smriti (Dharma, devoir religieux et sotériologie, science du salut) est composé de Upanishads post-védiques du Mahabarata avec la Bagavad Gita et le Ramayana, le Vedanta qui parle de la voie du salut, du sens profond des textes de la révélation et de la non-dualité et enfin des Tantras : trame, art de percevoir l'univers comme un tissu interdépendant de phénomènes vides et lumineux, traités qui présentent la voie ésotérique du bouddhisme tibétain.

    Enfin, les Brahamanas ou hindouisme ancien (-600 avant-JC, +500).

    C'est l'émergence des deux divinités Shiva et Vishnou. Foi et dévotion, négligés par le Védisme, se développent.

Le chemin vers l'éveil

    Son père le gardait dans son palais car il voulait qu'il lui succède et qu'il ne devienne pas un renonçant, d'autant qu'un sage lui avait prédit que son fils aurait un destin exceptionnel.

    Puis il découvre un malade, un vieillard, un mort et un moine. Alors, avec l'aide de son palefrenier, il quitte le palais, se rase la tête et décide de devenir moine errant à la recherche de la vérité.

    Il rencontre Kamala et Udaka qui lui apprennent l'absorption qu'il abandonnera par la suite. Dans la forêt, il pratique l'ascèse, qu'il abandonnera aussi. Kandama, qui avait prédit son avenir à son père, le rejoint. Ils sont maintenant cinq autour de lui.

    Arrive le jour où il est épuisé au bord de la rivière qui traverse Bodhgaya. Une jeune bergère, du nom de Sugatta, lui offre un bol de riz au lait très concentré. Il sort de son épuisement et va s'installer au pied de l'arbre de la Bodhi où il fait le voeu de n'en sortir que lorsqu'il aura atteint l'éveil. Cel se produit au bout de cinq jours.

    Il veut alors définitivement se retirer mais le dieux Brahma l'invite à aller enseigner pour le bien des êtres, ce qu'il fit. Les cinq moines errant qui l'avaient quitté lorsqu'il but le bot de riz au lait le rejoignent.

    Athé, influencé par les voies de la Libération, il est un révolutionnaire qui va s'insurger contre le pouvoir des prêtres, les brahmanes, contre les sacrifices d'animaux et contre les castes.

    Il découvre la voie du milieu et unifie tout ce qu'il a découvert et intégré des différents courants vivants de son époque.


L'Enseignement - Les Quatre Nobles Vérités - Les TroisVéhicules du Dharma

 

    Il se rend à Sarnat au Parc des Gazelles et donne son premier enseignement sur les Quatre Nobles Vérités. Il tourne la première roue du Dharma. Il tournera deux autres roues pour approfondir la première, à savoir la souffrance, son origine, les moyens pour y mettre fin et l'état sans souffrance.

La souffrance

    Il y a huit causes de souffrance (dukkha, incapable de rendre heureux, toujours changeant) :

1) la souffrance ordinaire avec naissance, vieillesse, maladie et mort.

2) la souffrance du changement avec celle d'être séparé de ce que l'on aime, dêtre uni à ce que l'on ne désire pas et celle de ne pas obtenir ce que nous voulons.

3) la souffrance des états conditionnés qui résulte des mouvements inhérents aux cinq skandas sachant que tout est soumis aux quatre termes. (cogito ergo sum : je pense donc je suis est faux).

L'origine de la souffrance

1) la soif avec trois caractéristiques :

    le plaisir des sens,

    la soif du devenir qui nous fait toujours croire en l'éternalisme. Le karma (l'acte).

    la soif d'anéantissement qui croit que nos actes n'ont pas de conséquences.

2) l'ignorance :

    pas celle du savoir mais celle de ne pas connaître la nature ultime des choses.

    les deux vérités.

3) la saisie d'un soi :

    le modèle du rêve. Les quatre sceaux du bouddhisme tibétain.

    tout est impermanent. Rien n'a de réalité en soi. Tout ce qui est produit est contaminé par l'ignorance, le karma et les passions conlictuelles. Seul le nirvana est paix c'est-à-dire la conscience du Tatagatha. La Claire Lumière non-née de l'esprit qui se substitue au Moi. 

La cessation de la souffrance

1) c'est la fin de la soif c'est-à-dire de la soif et de l'ignorance. L'extinction. Nibana. "Au-delà de la souffrance" pour les tibétains. Om gaté gaté paragaté parasamgaté bodhi svaha.

2) l'état sans souffrance est celui actualisé par l'état d'arhat avec la fin du soi de la personne et l'état de bodhisattva qui, lui, actualise aussi la fin du soi des phénomènes. Enfin le Bouddha, l'Eveil parfait, l'Omniscient. Celui qui réalisé l'un et le multiple.

3) cet état de libération se fait connaître par la fin de la dichotomie en nous, la fin de la conscience duelle pour qu'apparaisse enfin la conscience non-duelle, le Tatagatha. Cet état se caractérise par l'émergence en nous de la Conscience fondamentale non-née de Claire Lumière, l'esprit vacuité et amour infini. C'est la fin de l'égo dans un premier temps pour ensuite actualiser la fin du JE, puis la fin du soi des phénomènes, le plein et Parfait Eveil.

 

Les moyens pour mettre fin à la souffrance

    Les remède pour éradiquer la souffrance, la comprendre et abandonner son origine.

    C'est le chemin octuple qui permet d'appliquer et de développer les trois entraînements :

1) le corps : la conduite éthique : parole (mensonge), action (vol, sexe), existence.

2) le coeur : le recueillement méditatif : effort (volonté de s'engager), attention (vigilance aux gestes), concentration (les quatre étapes du recueillement dhyana).

3) la tête : la connaissance supérieure : aspiration (pensée, l'esprit s'élève, renoncement amour compassion, non-violence) et compréhension (ce n'est pas la connaissance selon le savoir mais la compréhension profonde, pénétration).

    Pour tenir compte des différents psychismes, il y a trois véhicules pour traiter le poison. Le tenir éloigné, c'est le Hinayana. Le transformer, c'est le Mahayana. Le chemin de la causalité. Puis, le chemin du fruit, le Vajrayana, dans lequel le poison est la Sagesse qui se pratique avec un Maître.

    C'est l'union des moyens habiles et de la sagesse. Un laboratoire intérieur pour traiter les souillures inhérentes à notre nature d'individu pour actualiser la part en nous de la nature du cristal.

  

Conclusion

 

    Il ne s'agit pas du bonheur au sens ordinaire du terme mais au sens définitif. Au-delà duquel il n'y a rien d'autre.

    Le Nirvana n'est ni cause ni effet, il est au-delà des causes et effets. Il n'est ni un produit, ni un résultat comme un état mystique où l'extase. Il Est. Il est au-delà du sentier et du fruit. Il n'y a rien après, sinon ce serait une vérité relative.

Nous sommes en devenir. Il s'agit d'un processus à appliquer à chaque instant de la vie. Ce n'est pas une marchandise qui s'achète et se vend. Cela a toujours été là et cela ne demande qu'à émerger.

    C'est la voie de l'Homme.

    Pour y accéder, nous pouvons faire de l'esprit un chemin : c'est la voie des caractéristiques, de la sagesse un chemin  : c'est la voie du Vajrayana et de Rigpa un chemin : c'est la voie du Dzogpa Chèmpo.